Istanbul / Karaköy / Galata

Parfaitement conscients qu’il est impossible d’arrêter la transformation des villes en voie de métropolisation, nous souhaitons accompagner ces changements, conserver l’ADN des lieux et témoigner des couleurs culturelles qui composent la mémoire d’un quartier populaire légendaire. Sans cette démarche atour d’une mémoire locale si précieuse, c’est une perte d’identité profonde qui nous guette.

Pourquoi Karaköy?

Karaköy, au coeur d’Istanbul, est le quartier portuaire dont le tissu urbain est en train de changer profondément depuis maintenant dix ans et de manière très controversée : GALATAPORT est un projet
« touristique » de transformation urbaine qui concerne une côte de 1,2 km sur une superficie de 10 000 m2 comprenant la restauration et la destruction d’une partie des bâtiments majeurs appartenant à un voisinage extrêmement cosmopolite et qui a historiquement appartenu à la population juive de Karay, vieille de 1200 ans.
 Nous souhaitons devenir la mémoire de Karaköy dans le cadre de ce projet européen car elle est aujourd’hui menacée de destruction. Nous aimerions contribuer à la conservation et transmission de l’héritage culturel du quartier, qui a toujours été le port principal d’Istanbul, la capitale de trois empires et par conséquent, l’un de ses centres financiers et commerciaux, ainsi qu’un lieu de richesses architecturale, gastronomique et artistique.
 Nous voulons créer une visibilité sur le sort de ce quartier au niveau national et international.
 Nous espérons attirer l’attention sur la menace de disparition de la culture des Karay, une population juive semi-nomade appartenant à la branche des khazars. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’une cinquantaine et le sort de leur cimetière et leur kenesa (temple) est totalement incertain. Par ailleurs, d’autres lieux juifs comme des sinagogues, ou maison de repos ne savent pas ce qu’ils deviendront dans le cadre de ce nouveau projet : seront-ils vendus à des chaînes internationaux d’hôtels ou de restaurants ? Comment et où sera conservé leur héritage en cas de transformation de ces lieux en entreprises susceptibles de rapporter énormément d’argent aux promoteurs?
 Nous voudrions que ces informations soient rendues publiques, enregistrées pour les générations futures et que les populations, consultées et informées.
 Nous envisageons d’informer l’opinion publique sur le sort du quartier d’Istanbul où il y a le plus de lieux de culte dont des temples souterrains tel que les soubassements de la forteresse byzantine de Castellion, (construits en 570 et transformés en mosquée en 1750 par le Sultan Mahmoud) ou encore les églises cachées créées par les russes protestants en partance pour Jérusalem au 9ème siècle, et qui sont aujourd’hui toujours fréquentées par des russes blancs. 
Nous voulons enregistrer le processus de transformation de ces temples et de leur environnement.

L’équipe

Co-organisateur : RS SU YAPIM. Ruche: MAKİ

Intervenants

Productrice, scénariste et réalisatrice, notamment de deux séries en rapport avec la thématique de ce projet européen : « Yaşayan Bellek (Mémoires Vivantes) » 39 épisodes de 30 mn sur les mémoires des cultures locales et “Şehrengiz” 13 épisodes, chaque épisode reprenant les trésors cachés d’un quartier d’istanbul.
  • Conseiller sur la mémoire des quartiers-diplômé d’Histoire de l’Université de la Ville d’Istanbul, actuellement en master à l’Université de Podova à Milan. Il a publié deux livres sur l’histoire des populations non-musulmanes, leurs rapports avec la ville, la culture cosmopolite de Constantinople depuis l’empire ottoman jusqu’à la république.
Responsable administratif, juriste spécialiste en audio-visuel. Il est actuellement le principal contrôleur de gestion de la chaîne nationale TRT. Après des études de droit à l’Université d’Ankara, il a fait un master en audiovisuel en Suisse, à l’Académie internationale. Il est doctorant à University of Westminster et spécialiste sur la diffusion, propriété intellectuelle, droit des médias, contrôle de gestion interne, ainsi que sur des projets internationaux. Il représente MAKI.

Lieux de la ruche

  • Karaköy Lycée français Saint-Benoit. Un des bâtiments emblématiques de Karaköy et un lieu 
d’enseignement légendaire depuis 1783.
  • Université de Bahçeşehir où enseigne Günseli Kato.
  • Karaköy Salt Galata Karaköy était le centre financier de l’empire ottoman. La Banque 
ottomane qui se trouve dans la rue des anciennes banques, a été récemment transformée en 
centre culturel.
  • Karaköy Kasa Galerie. La banque d’Athènes, transformée en galerie d’art.
  • Karaköy Mum’s and Pubs. Un café et un (Mum’s) et un restaurant (Pubs) se trouvant à 
l’entrée du passage français de Karaköy, aujourd’hui gérés par des propriétaires 
particulièrement sensibles au devenir de leur quartier.
  • MAKİ-Medya Araştırmaları ve Kültürel İletişim Derneği. L’association pour la Recherches en Médias et Communication culturelle. Organisateur des ateliers.
  • Karaköy Langue culinaire. Un restaurant de quartier créé par une famille arménienne dans un bâtiment vieux de 700 ans, sans aucun élément industriel, uniquement avec un four au charbon. Aussi bizarre que cela puisse paraître, contrairement à tous ceux qui voient la transformation de ce quartier comme une source d’enrichissement, les propriétaires ne rêvent pas d’ouvrir des succursales, d’acheter l’espace d’à côté pour agrandir ou de gagner plus d’argent : ils souhaitent juste les techniques et les recettes d’antan

Déroulement

Phase 1

Un atelier lors duquel on donnera des cours théoriques aux élèves du lycée Saint-Benoit et les étudiants de Günseli Kato de l’Université de Bahçeşehir : transformation urbaine, gentrification, mémoires urbaines et techniques d’interview. Cette étape sera filmée par Su Yapim.

Phase 2

Günseli Kato fera des ballades avec les jeunes. Tout sera filmé par Su Yapim.

  • Safari-photos des jeunes en rapport avec le thème.
  • Les jeunes, invités des habitants du quartier : prise de rv ou rencontres spontanées juste en 
sonnant aux portes. Ils les interrogeront sur leur quartier. 
PHASE 3 
Sous la direction de Günseli Kato, les jeunes choisiront des histoires parmi celles qu’ils ont entendues. 
PHASE 4 
Les jeunes commenceront à créer leur production autour de ces histoires alors que Su Yapim continuera de filmer le making off, ainsi que le background des histoires (IW supplémentaires avec les habitants, la difficulté des jeunes à glaner les paroles, etc.)
PHASE 5
Restitution
  • Making off documentaire
  • 3 films courts réalisés par les jeunes
  • Expo virtuelle web ainsi qu’expo physique au Lycée Saint Benoit des photos 
PHASE 6 
Atelier de cuisine à Karaköy autour de la transformation de la culture gastronomique ainsi que sur les recettes d’antan. Une soirée de cuisine et de projection. Un livre de recettes avec des illustrations de Günseli Kato.
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